samedi 28 avril 2012

Après la tempête, vient toujours le bon temps?


Trois semaines sont passées après le dramatique accident qui a coûté la vie à Iliaz Tahiraj, l'employé de la STIB battu à mort lors de l'exercice de ses fonctions. Cet événement a, à juste titre, suscité beaucoup d'émoi tant au sein de la société de transport bruxellois que dans l'opinion publique en général. De ce fait, les politiciens se sont sentis "obligés" d'agir. Ainsi, la ministre de l'intérieure, Joëlle Milquet, a déployé de nouvelles patrouilles destinées à assurer la sécurité des conducteurs des trams, métros, bus, mais aussi des voyageurs. Cette initiative à été salué de tous bords.

Aujourd'hui, la vie semble avoir repris son cours normal. Alors on se demande si le fait de placer les policiers sur tout le réseau de la STIB est la solution absolue pour contrer la violence et la délinquance à Bruxelles? En effet, le problème de date pas d'hier. La violence dans les rues de Bruxelles n'est pas neuves, et les politiciens l'ont toujours su, mais parfois on préfère faire la sourde oreille ou alors croire que tout va bien afin de ne pas "diaboliser" les habitants de la ville. Voici ce que déclarait Freddy Tielmans il y a 3 ans: “Oser dire que Bruxelles est une zone de non-droit est proprement scandaleux” (http://www.dhnet.be/regions/bruxelles/article/298611/les-vols-avec-violence-en-baisse-de-8-a-bruxelles.html). Pour lui, cette qualification de zone de non-droit, émane surtout des gens qui ne connaissent pas Bruxelles. 

Que dire alors de l'attitude des policier à l'égard de certaines parties de Bruxelles? il y a deux ans la police déclarait qu'à Matonge on ne sort pas sans gille pare-balle: " L’inspecteur de police Kahola Akleh l’a très mauvaise. Installée dans le commissariat de la place Fernand Coq à Ixelles depuis sept ans, elle a – comme nombre de ses collègues – la charge du quartier Matonge:“Je contrôlais un automobiliste, GSM collé à l’oreille, qui avait failli écraser une piétonne lorsque cet homme est venu vers moi. Il s’est accoudé à la voiture, a caché la plaque avec sa jambe puis m’a soufflé sa fumée de cigarette au visage.” Le tout saupoudré de mots doux du style : “T’es qu’une c…, Va te faire enc…, Espèce de mal b…, Si tu me contrôles je te tue, Toi j’aurai ta peau, etc.” (http://www.dhnet.be/regions/bruxelles/article/313976/a-matonge-on-ne-sort-plus-sans-gilet-pare-balles.html). 

 Ceci n'est pas ce qu'on peut appeler "un dialogue cordial", et ça traduit bien la considération que certains habitants de la ville, certains quartiers réservent à l'autorité publique. 

Plus proche encore, en février dernier, la STIB a du suspendre les contrôles dans des transports passant par certaines stations de Moolenbek car les contrôleurs se sentaient en totale insécurité. 

“La police a été menacée. On leur a dit : tout ce qu’on voit en uniforme on tire dessus !”
Il n’y aurait plus de contrôle de titre de transport jusqu’à nouvel ordre dans plusieurs stations de métros de Molenbeek apprend-t-on de source syndicale et ce, jusqu’à nouvel ordre. En cause, une note envoyée par la police de la zone ouest à la Stib la semaine dernière faisant état de menaces sérieuses “à l’encontre de tout ce qui porte un uniforme” .
“Les contrôles sont suspendus jusqu’à ce que tout rentre dans l’ordre dans les stations de Simonis, Ribaucourt, Etangs Noirs et Comte de Flandres , explique un délégué syndical de la Stib. La police a été menacée. On leur a dit : tout ce qu’on voit en uniforme on tire dessus ! , ajoute-t-il.

http://bruxellesmabelle.wordpress.com/2012/02/04/zone-de-non-droit-finis-les-controles-a-molenbeek/

Maintenant dans toutes ces stations il y a une présence policière accrue, et cela suscite un semblant de sécurité. Mais il a fallu, si je caricature un peu, attendre la mort d'un homme pour prendre cette décision. 

La question est, se dirige-t-on vers une ville policière où on trouvera un agent à chaque coin de la rue? Personnellement, je pense que cela va plutôt accroitre chez les riverains le sentiment d'être surveillé et les criminels quant à eux vont inventer encore plus d'astuces pour éviter la police.

Quelle conclusion peut-on tirer de cette observation? Notre capitale devient-elle le nouveau Chicago des années 80? n'exagérons rien, mais si nos élus ne traitent pas le problème par les racines Bruxelles risque une asphyxie causée, entre autre, par le laxisme qui règne dans la société actuelle.


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